Decidim : témoignages des premiers utilisateurs

Decidim : témoignages des premiers utilisateurs

Depuis quelques mois, l'ALPI propose une nouvelle prestation, Decidim, qui permet de proposer des consultations citoyennes en ligne. Après l'avoir expérimenté, les communes de Saint-Vincent-de-Tyrosse et de Sanguinet tirent un premier bilan.

Saint-Vincent-de-Tyrosse a lancé en début d’année un budget participatif pour démontrer à ses habitants qu’ils peuvent peser sur les décisions et participer à la vie de leur commune. Elle entend ainsi leur donner la possibilité de donner corps à la participation citoyenne.

Pourquoi avez-vous souhaité lancer un budget participatif ?

Pour associer les habitants au choix des équipements qui sont mis à leur disposition, et pour leur permettre de renouer avec leurs élus locaux alors qu'une certaine défiance a émergé à leur égard ces dernières années. Également pour remettre les citoyens au centre du processus démocratique à travers une consultation citoyenne et la double possibilité de proposer des projets et de voter.

Quelques jours après le lancement de la plateforme, vous avez déjà plusieurs propositions. Le lancement de cette démarche sur internet répondait-elle à vos besoins en cette période de pandémie ?

Le recours à la plateforme de notre part n'est pas lié à la pandémie, mais à la possibilité donnée aux citoyens de faire leur démarche à distance, ce qui est devenu une habitude pour un certain nombre d'entre eux. Nous leur laissons malgré tout la possibilité de s'exprimer physiquement en Mairie.

Que pensez-vous de la simplicité pour les usagers ? Se sont-il approprié l'outil rapidement ? Quels sont premiers retours ?

Il est un peu tôt pour l'affirmer, mais il semble en effet que la simplicité d'utilisation ait permis aux citoyens de déposer facilement leur proposition, puisque dès les premiers jours nous avons reçu des projets.

Les fonctionnalités proposées répondent-elles à vos besoins sur ce projet ?

Au regard du cahier des charges de notre budget participatif, pas totalement : nous n'avons pas encore réglé la question de l'enregistrement par nos soins sur la plateforme de propositions que nous avons reçues en Mairie et que nous devons nécessairement faire apparaître sur la plateforme pour le vote.

Par ailleurs, il nous paraissait important de pouvoir contacter certaines personnes afin d'affiner leur projet avec elles avant de le soumettre au vote. Or la plateforme rendant la candidature anonyme, cela nous oblige à contacter la personne via la plateforme pour lui demander de nous communiquer ses nom et n° de tél. Si nous avons 50 projets déposés, cela risque d'être fastidieux !

L'anonymat va également nous empêcher de confronter les votes électroniques et les votes physiques. Il ne devrait pas y avoir de doublon, mais nous ne pouvons pas nous en assurer.

 La commune de Sanguinet a pour sa part mené une consultation auprès de sa population pour le maintien ou non de la semaine d'école à 4.5 jours. Retour d'expérience de Christophe Labruyère, Maire de Sanguinet et de Nathalie Soulage, adjointe au Maire en charge de l’éducation et de l’accueil périscolaire.

 

Pourquoi avez-vous souhaité lancer un sondage participatif ?

C.L. : Plus qu’un sondage, nous avons voulu organiser une véritable consultation de la population qui engage la décision de la Commune. En effet, depuis quelques années, des enseignants et des parents d’élèves souhaitent un retour de la semaine scolaire à 4 jours. Avant de demander à l’Education Nationale cette dérogation, nous voulions mesurer la demande réelle des familles concernées. Notre équipe s’était engagée à prendre en compte les résultats de cette enquête si la majorité des familles répondait et si les réponses étaient majoritairement favorables. Nous avons donc choisi d’utiliser un outil fiable pour garantir la qualité des résultats.

 

Le lancement de cette démarche sur internet répondait-elle à vos besoins en cette période de pandémie ?

N.S. : L’intérêt d’une consultation en ligne était double. D’une part, en période de pandémie, la dématérialisation assurait effectivement une protection contre le risque sanitaire. D’autre part, les délais pour organiser cette enquête étaient très courts. Si une majorité de familles avait souhaité un retour à la semaine de 4 jours, il fallait demander une dérogation très rapidement. Le dépouillement de questionnaires papiers aurait pris beaucoup de temps. Avec le questionnaire en ligne le résultat a été immédiat.

Que pensez-vous de la simplicité pour les usagers ? Se sont-ils approprié l'outil rapidement ? Quels ont été les retours ?

N.S. : La participation très satisfaisante (214 réponses sur 312 familles) montre que les usagers ont largement adhéré à cette démarche. C’était d’autant plus facile pour ces usagers que ce sont des familles, avec une adresse mail, qui disposent donc déjà d’un accès à internet. Toutefois, certains ont fait part de quelques difficultés qui sont davantage liées à une première utilisation de l’outil.

Pour obtenir un maximum de réponses, nous voulions que les usagers puissent y consacrer un minimum de temps. Volontairement nous avons simplifié le questionnaire, tout en laissant la possibilité d’exprimer des commentaires et des suggestions, notamment sur les besoins et les attentes vis-à-vis des services périscolaires. Commentaires et suggestions que nous exploiterons pour améliorer nos services.

 

Les fonctionnalités proposées répondent-elles à vos besoins sur ce projet ?

C.L. : La plateforme Decidim nous a permis de prendre connaissance des résultats très rapidement et de les communiquer aux principaux intéressés dès le lendemain. La fonctionnalité qui a été déterminante pour nous est que cet outil ne permettait à chaque usager de ne répondre qu’une fois, ce qui garantit un résultat non faussé, contrairement à d’autres sondages en ligne. La préservation de l’anonymat était aussi un élément très important.

L’accompagnement par les services de l’ALPI pour cette première a aussi été très apprécié.