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Quand l’informatique passe au vert

Bambou Les ordinateurs n’ont désormais pas que la fibre optique, ils ont aussi la fibre « écolo » ! Le culte du développement durable s’immisce partout et surtout au sein des industries les plus polluantes, il n’y a qu’à constater tous les efforts de « communication verte » consentis par les lessiviers ou les fabricants d’automobiles.

Demain sera écologique ou ne sera pas, et les récents scandales du type Guiyu (1) ont sans doute contraint les acteurs de la sphère technologique à s’acheter une conduite et à fourbir leurs nouvelles armes anti-pollution. Visite guidée …


Bois et bambous versus matières plastiques

Klaus Parmi les différents matériaux entrant dans la composition de nos ordinateurs, on compte entre 30 et 40% de matières plastiques. Même si leur disparition totale n’est pas souhaitable et envisageable, la réduction de leur utilisation peut contribuer à diminuer nos déchets, car ce sont des matériaux non biodégradables qu’il faut impérativement recycler, ce qui n’est pas sans poser des problèmes (voir plus haut).

Difficile de trouver des alternatives, tant le plastique est robuste, léger, facilement déclinable… Pourtant certains constructeurs tentent de miser sur une ressource quasiment inépuisable, plébiscitée pour ses qualités : le bambou. D’ores et déjà, des marques prestigieuses comme Asus ou Dell ont pressenti le potentiel de cette matière. Souris, haut-parleurs, boitiers d’ordinateurs, le bambou est mis à toutes les sauces…

D’autres composants plutôt inattendus ont tendance à pénétrer nos univers si « high-tech », comme par exemple ce bon vieux « bois d’arbre » ! C’est la tempête Klaus et son avalanche de grumes disponibles, pour lesquelles il faudra absolument trouver de nouveaux débouchés, qui a donné l’idée à cette société spécialisée en objets promotionnels basée à Mimizan, dans les Landes (2), de créer la première clé USB dont la « coque » est réalisée en pin des Landes (rassurez-vous, on trouve bien un composant électronique à l’intérieur !).

Imprimez, réimprimez, c’est permis !

Sanwa Le gaspillage des ressources naturelles étant particulièrement générateur de dépenses, une lutte acharnée contre l’usage immodéré du papier a été engagée depuis quelques temps par les services financiers des entreprises et des services publics. Pourtant, demain, les recommandations de nos chers « cost-killer » pourraient bien devenir caduques avec l’avènement des imprimantes réinscriptibles !

Ces engins utilisent un papier un peu particulier : grâce à un procédé innovant, une feuille déjà imprimée peut repasser dans l’imprimante, elle est alors effacée ( ! ) et de nouveau imprimée (entre 500 et 1000 fois selon les modèles !). Ce genre de machine existe aujourd’hui (3), Toshiba et Sanwa en proposent déjà, seul son coût et celui de ce papier spécial sont pour l’instant dissuasifs, mais gageons que tout cela évoluera dans le bon sens !

Economies d’énergie

Certes, nos ordinateurs sont moins voraces qu’hier en énergie électrique, mais comme leur nombre est en constante augmentation, il devient impérieux de trouver des solutions innovantes et surtout durables en matière de consommation électrique !

L’exemple du géant américain Google est à lui seul édifiant : selon les spécialistes, la consommation mondiale de ses serveurs équivaudrait à la production de deux centrales nucléaires (sans compter les systèmes de climatisation indispensables au refroidissement des data-centers !). La firme ne s’y est pas trompée, puisqu’elle s’est engagée dans un programme d’investissements massifs destinés à l’installation de panneaux solaires…

Ordi ecolo Quand on sait que près de 70% des ordinateurs actuellement vendus sont des portables, dotés de batteries d’une durée de vie d’environ trois ans (qui constituent des déchets particulièrement polluants), il apparaît que les constructeurs seront amenés à réaliser d’énormes progrès techniques dans ce domaine, s'ils veulent bénéficier dans le futur d’une image positive auprès des consommateurs.

La course à l’autonomie et à l’économie, encouragée par les utilisateurs est donc bien engagée. Les accumulateurs progressent sans cesse, autorisant désormais des autonomies de plus de 15 heures… Mais demain ? L’ordinateur aujourd’hui destiné aux écoliers des pays émergeants, que l’on recharge en tournant une manivelle, risque de faire des émules. Les technologies actuelles du type lithium seront supplantées par d’autres, beaucoup plus écologiques. On peut penser que la pile à eau (dont la puissance ne permet aujourd’hui d’alimenter qu’un modeste réveil ou une calculatrice), associée à des panneaux solaires situés au niveau du clavier, pourront, qui sait, sustenter nos notebooks, qui, sobres comme des chameaux, se contenteront alors peut-être d’un bain de soleil et d’une gorgée de liquide …

Batterie écolo La baisse de la consommation est une réalité et tous les acteurs s’y engagent. Le moindre petit watt-heure est traqué, pour preuve l’attaque en règle de Steve Jobs, l’emblématique patron d’Apple, menée contre la technologie Flash d’Adobe (4), selon lui trop gourmande en ressources et qui entrainerait une baisse d’autonomie notable de ses machines ! Si la charge ne semble pas dénuée d’arrière-pensées étrangères à l’environnement, elle est révélatrice des efforts qui devront être déployés par les éditeurs de solutions informatiques pour toujours faire plus puissant avec toujours moins d’énergie.

Qui lave plus vert ?

Les constructeurs sont surveillés de près par le grand public et quelques associations non-gouvernementales (5). Certains d’entre-eux inaugurent même des gammes « vertes » (cela signifie t-il que le reste de la gamme méprise l’environnement ?), limitant la consommation d’énergie, les emballages, favorisant le recyclage en utilisant des matériaux durables et en diminuant la toxicité de leurs produits… Gageons que ces industriels ne considèreront pas le développement durable comme un simple instrument marketing parmi d’autres !

Savoir +T Plus d’infos sur http://www.eu-energystar.org/fr/


(1) Guiyu est une ville située au sud de la Chine, qui s’est spécialisée dans le recyclage « sauvage » des déchets électroniques occidentaux. De nombreux rapports et reportages ont stigmatisé les conditions de travail déplorables des habitants et les conséquences désastreuses du point de vue environnemental.
(2)
http://www.blinternational.fr/klausb/.
(3) Xerox préfère mettre en avant un papier ne nécessitant pas d’imprimante spéciale, mais pouvant être réutilisé une cinquantaine de fois (ce qu’on y imprime s’efface progressivement au bout d’une quinzaine d’heures). Ce papier n’est pas encore disponible à la vente.
(4) Adobe Flash est une solution permettant de proposer des animations et des objets interactifs sur le web.
(5) GreenPeace est particulièrement actif sur ce terrain. L’association publie chaque trimestre son « guide de l’électronique verte » qui « distribue les bons et les mauvais points en fonction des différents matériaux utilisés pour la fabrication des produits et de leur impact énergétique » (
http://toxiques.greenpeace.fr/ ).


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